Résumé
Note de la rédaction
Rapport qualité-prix : intéressant si tu exploites vraiment ses capacités
Design massif, look sportif, mais pas vraiment discret
Batterie : grosse capacité, mais charge longue et garantie stricte
Confort : ça filtre bien, mais ça reste une trott lourde
Durabilité et finition : sérieux, mais pièces d’usure à surveiller
Performances : ça envoie fort, surtout en montée
Une vraie trott « adulte » plus proche d’un scooter que d’un jouet
Points Forts
- Double moteur 1000 W très efficace, surtout en montée
- Grosse batterie 60V 27Ah avec autonomie réelle confortable (50-70 km en usage mixte)
- Freins hydrauliques et suspensions avant/arrière qui apportent sécurité et confort
Points Faibles
- Poids de 35 kg vraiment contraignant dès qu’il faut porter ou manœuvrer à la main
- Temps de charge long et garantie batterie d’un an avec conditions assez strictes
Caractéristiques
Voir la fiche produit complète →| Marque | Teverun |
Une « mini » qui n’a de mini que le nom
J’ai utilisé la Teverun Blade Mini Ultra pendant une bonne quinzaine de jours pour aller bosser, faire des courses et quelques balades plus longues le week-end. Autant le dire tout de suite : ce n’est pas une petite trottinette de ville type Xiaomi. On est sur un engin de 35 kg, avec double moteur, grosse batterie, freinage hydraulique… bref, un truc sérieux. Si tu cherches une trott légère à monter au 4ᵉ sans ascenseur, ce n’est pas ça.
Concrètement, je l’ai surtout utilisée sur des trajets de 10 à 20 km, avec pas mal de faux plats et quelques bonnes côtes. Je fais un peu moins de 80 kg équipé (sac + casque), donc je suis loin de la limite des 120 kg annoncés. Je l’ai roulée sous la pluie fine, sur route sèche, sur pistes cyclables parfois un peu défoncées. L’idée ici, c’est vraiment un retour d’utilisateur : ce qui marche bien, ce qui m’a saoulé, et si ça vaut le prix par rapport à d’autres modèles que j’ai déjà testés (style Dualtron Victor prêtée par un pote).
La première impression, c’est que ça respire le sérieux niveau construction, mais qu’il faut accepter le côté encombrant. On sent que la marque vise ceux qui veulent une trott « à tout faire » pour des trajets un peu plus longs que juste 3 km pour aller chercher le pain. C’est plus proche d’un petit deux-roues électrique que d’un jouet. Il faut le savoir avant d’acheter.
Dans les sections qui suivent, je détaille ce que j’ai pensé du design, du confort, des performances, de la batterie, de la durabilité et du rapport qualité-prix. Spoiler : c’est globalement solide, mais il y a 2-3 points qui peuvent vraiment faire pencher la balance selon ton usage (surtout le poids, la charge et la garantie batterie assez stricte).
Rapport qualité-prix : intéressant si tu exploites vraiment ses capacités
On est clairement sur une trott qui vise le segment intermédiaire/haut de gamme. Par rapport à une Dualtron Victor ou à d’autres modèles double moteur avec batterie 60V 20+ Ah, la Teverun Blade Mini Ultra se positionne souvent un peu moins cher, tout en offrant des specs assez proches : double 1000 W, freins hydrauliques, grosse batterie, suspensions avant/arrière, etc. Donc sur le papier, le rapport équipement/prix est plutôt bon.
Maintenant, est-ce que ça vaut le coup pour tout le monde ? Honnêtement, non. Si tu fais 5 km par jour sur du plat, en ville, à 25 km/h, une trott simple moteur et beaucoup plus légère sera largement suffisante, et tu économiseras pas mal d’argent. Là où cette Teverun devient intéressante, c’est si tu :
- fais des trajets de 15-20 km ou plus régulièrement,
- as des côtes sur ton parcours,
- veux un freinage vraiment sérieux,
- acceptes le poids et l’encombrement en échange de la stabilité et de l’autonomie.
Il faut aussi intégrer le coût potentiel d’entretien : freins hydrauliques, pneus à chambre à air, batterie à ménager… Ce n’est pas un jouet qu’on jette après un an, c’est plutôt un petit véhicule qui demande un minimum de suivi. Si tu joues le jeu (entretien, stockage correct, pas de débridage sauvage), tu en auras pour ton argent.
Pour résumer, je dirais que le rapport qualité-prix est bon, voire très bon, pour quelqu’un qui va vraiment exploiter la puissance, l’autonomie et le confort sur des trajets sérieux. Pour un usage occasionnel ou très urbain et court, c’est clairement surdimensionné, et tu paies pour des choses dont tu n’auras pas besoin (double moteur, grosse batterie, suspensions réglables, etc.). Donc oui, ça fait le job et même plus, mais à condition de bien correspondre au profil visé.
Design massif, look sportif, mais pas vraiment discret
Visuellement, la Blade Mini Ultra en impose. Le châssis en aluminium est bien costaud, avec une finition imitation carbone sur plusieurs parties. J’ai bien aimé ce côté un peu « sportif » sans tomber dans le tuning bas de gamme. Les LEDs intégrées, notamment sur les côtés et l’avant, donnent un style sympa la nuit, tout en améliorant la visibilité. Par contre, si tu cherches une trott discrète pour passer inaperçu, ce n’est pas le bon choix : on te regarde dans la rue.
Le poste de pilotage est assez chargé : écran LCD, accélérateur au pouce, commandes de clignotants, freins hydrauliques, NFC… Au début, ça fait un peu tableau de bord de petit scooter. On s’y fait au bout de quelques trajets, mais la première fois, j’ai dû m’arrêter pour comprendre où était quoi. L’accélérateur au pouce est plutôt agréable, même sur les longues distances, je préfère ça aux gâchettes index qui fatiguent la main.
Niveau ergonomie, le deck est large, on peut se mettre bien de travers avec un pied en avant, un derrière. Pour moi qui aime rouler avec une position un peu « moto », c’est un bon point. Le guidon fixe à 127 cm de haut convient bien à mon 1m78, je n’ai pas eu mal au dos même sur 20 km. Par contre, le fait qu’il ne soit pas réglable en hauteur peut être un souci pour les plus petits ou les très grands.
Les seuls trucs qui m’ont un peu dérangé sur le design : le côté encombrant une fois plié (ça reste long et lourd, même si le mécanisme est correct) et le fait qu’il y ait pas mal de câbles visibles autour du guidon. Ce n’est pas dramatique, mais sur un produit de ce prix, je m’attendais à un routage un poil plus propre. Globalement, le design est cohérent avec le positionnement : ça fait sérieux, sportif, mais on n’est pas sur quelque chose de minimaliste ou passe-partout.
Batterie : grosse capacité, mais charge longue et garantie stricte
La batterie 60V 27Ah est clairement un des gros arguments de cette trott. Sur le papier, on parle de jusqu’à 100 km d’autonomie. En conditions réelles, avec mes 80 kg, un mélange de mode éco et normal, pas mal de côtes et une vitesse moyenne autour de 25-30 km/h (sur voies privées pour les pointes), j’étais plutôt entre 50 et 70 km avant de commencer à me dire qu’il fallait vraiment recharger. Donc le chiffre constructeur est optimiste, mais pas délirant si tu roules pépère, en ville plate, en mode éco.
Pour un usage quotidien type 2 x 10 km par jour, tu peux largement tenir plusieurs jours sans recharger, ce qui est confortable. Par contre, il faut être conscient d’un truc : le temps de charge. Avec le chargeur 67,2V 6A, on est autour de 5-6 heures si tu es vraiment bas, et facilement 8-10 heures avec un chargeur plus classique ou si tu laisses descendre trop bas. Donc ce n’est pas la trott que tu recharges en 2 heures avant de repartir. Il faut prendre le réflexe de la brancher le soir.
Un point important : la garantie batterie. Elle n’est que d’un an, alors que le reste est garanti 2 ans, et le fabricant est très clair dans les exclusions : pas de décharge profonde, recharge au moins une fois par mois même si tu ne l’utilises pas, sinon la prise en charge peut sauter. En gros, si tu la laisses 3 mois au garage batterie vide, tu peux dire adieu au SAV. Ce n’est pas choquant pour une batterie lithium, mais il faut le savoir et respecter ces règles.
L’étanchéité IPX5 rassure un peu pour rouler sous la pluie fine ou sur route mouillée. Je l’ai faite rouler sous une petite averse, aucun souci. Mais de mon côté, je continuerai à éviter les grosses pluies, surtout pour préserver la batterie sur le long terme. Globalement, la partie batterie est solide : grosse capacité, autonomie cohérente, mais temps de charge et contraintes de garantie à prendre en compte sérieusement.
Confort : ça filtre bien, mais ça reste une trott lourde
Sur le confort, j’ai été plutôt agréablement surpris. Les roues 10x3 avec chambres à air, combinées aux suspensions avant et arrière à ressorts réglables, font bien le job pour absorber les joints de dilatation, les plaques d’égout, les petites bosses de piste cyclable. J’ai testé sur un revêtement vraiment pourri près de chez moi : ça tape un peu, normal, mais ça reste largement supportable. On n’a pas l’impression de se faire démonter les poignets comme sur certaines trotts d’entrée de gamme.
La possibilité de régler la dureté des suspensions via une molette est un vrai plus. De base, c’était un poil ferme pour mon goût. En assouplissant un peu, j’ai trouvé un bon compromis entre confort et stabilité. Pour quelqu’un de plus lourd que moi (90-100 kg), la configuration d’origine sera peut-être plus adaptée. En tout cas, on sent que la trott est prévue pour encaisser des utilisateurs jusqu’à 120 kg sans broncher.
Au niveau des poignées, rien de fou mais ça va : elles sont ergonomiques, on ne glisse pas, même avec un peu de pluie. Sur un trajet d’environ 45 minutes, je n’ai pas ressenti de douleur particulière ni aux mains ni aux épaules. Le deck large permet de changer de position régulièrement, ce qui aide aussi à ne pas se fatiguer. Par contre, on reste debout tout du long, donc si tu n’es pas habitué aux longues sessions en trott, prévois un temps d’adaptation.
Le gros point à prendre en compte côté confort, c’est le poids. Pour rouler, c’est un avantage : la trott est stable, ne se fait pas embarquer au moindre trou, et reste bien plantée au sol. Mais dès qu’il faut la manœuvrer à la main (pour franchir un trottoir haut, la rentrer dans un coffre, la monter quelques marches), on sent les 35 kg. Si ton trajet quotidien implique régulièrement de la porter, ça va te fatiguer assez vite. Donc niveau confort de roulage, c’est franchement pas mal. Niveau confort de manipulation hors roulage, c’est clairement pas le point fort.
Durabilité et finition : sérieux, mais pièces d’usure à surveiller
Sur les deux semaines de test, évidemment je n’ai pas pu juger la durabilité sur plusieurs années, mais on peut déjà se faire une idée. Le châssis en aluminium est bien rigide, je n’ai pas constaté de jeu dans la colonne de direction ou dans le mécanisme de pliage, même après plusieurs pliages/dépliages par jour. C’est un bon point, parce que c’est souvent là que ça commence à couiner ou bouger sur les modèles moins bien conçus.
Les freins hydrauliques à disque avant/arrière inspirent confiance. Le mordant est bon, la course du levier reste stable, et je n’ai pas constaté de perte de puissance au fil des trajets. Par contre, comme toujours avec l’hydraulique, il faudra prévoir un entretien régulier (purge, plaquettes), donc soit tu sais faire, soit tu as un shop pas loin qui accepte de bosser sur ce type de trott. Ce n’est pas de l’entretien « zéro effort ».
Les pneus à chambre à air, c’est confortable, mais ça veut aussi dire risque de crevaison. Pour l’instant, rien à signaler, mais je sais par expérience que sur ce genre de trott, il faut être prêt à gérer au moins une ou deux crevaisons par an si tu roules beaucoup. Là encore, soit tu es un peu bricoleur, soit tu passes par un atelier. Les garde-boue et le carénage extérieur sont listés comme pièces d’usure dans la garantie, donc si tu les casses, ce sera pour ta pomme.
Justement, la garantie : 2 ans sur le produit, 1 an sur la batterie, mais avec pas mal d’exclusions (chocs, mauvaise utilisation, pièces d’usure, débridage, etc.). Rien de surprenant, mais ça confirme que si tu veux que la trott dure, il faut l’entretenir correctement : vérifier la pression des pneus, éviter les gros chocs, ne pas la stocker batterie vide, et éviter de la bricoler n’importe comment. Globalement, la sensation est celle d’un produit sérieux, qui peut durer si tu t’en occupes, mais ce n’est pas un truc « je roule, je ne fais jamais rien dessus ».
Performances : ça envoie fort, surtout en montée
Niveau patate, la Blade Mini Ultra tient ses promesses. Les deux moteurs de 1000 W (2950 W max annoncés) donnent des accélérations bien franches, même en mode pas trop agressif. En ville, je me suis forcé à rester raisonnable, parce que ça part vite, surtout si tu n’es pas habitué aux trotts puissantes. Sur les démarrages aux feux, tu laisses les vélos et la plupart des trotts classiques loin derrière sans forcer.
Ce qui m’a le plus impressionné, c’est le comportement en côte. J’ai un trajet avec une montée bien raide sur quelques centaines de mètres, qui fait ramer pas mal de modèles 500 W. Là, la Teverun monte sans broncher, sans grosse chute de vitesse, même avec un sac à dos chargé. On sent que les moteurs Bosch Teverun ont de la réserve. Clairement, si tu habites dans une ville vallonnée, c’est un gros point positif.
Les contrôleurs 2x25A à onde sinusoïdale donnent une accélération assez fluide, pas trop brusque, ce qui est appréciable. On n’a pas ce côté « on/off » désagréable qu’on trouve parfois sur des modèles moins travaillés. Avec un peu de temps, on dose bien à l’accélérateur au pouce. Par contre, il faut rester concentré : ce n’est pas une trott pour rouler une main dans la poche en mode détente totale.
Côté vitesse de pointe, je vais rester vague pour ne pas encourager les conneries, mais disons que pour un usage légal en France, il faudra rester bridé à 25 km/h, et là-dessus elle le tient sans souci. En off, clairement, elle peut aller bien plus vite, mais ce n’est pas le sujet ici. En résumé, pour quelqu’un qui veut une trott réactive, qui ne se traîne pas, et qui ne galère pas dans les montées, c’est très satisfaisant. Il y a mieux sur le marché pour les fous de vitesse pure, mais pour un usage urbain/mixte sérieux, ça envoie largement assez.
Une vraie trott « adulte » plus proche d’un scooter que d’un jouet
Niveau fiche technique, la Teverun Blade Mini Ultra est bien chargée : double moteur de 1000 W chacun (2950 W max annoncés), batterie 60V 27Ah, freins hydrauliques à disque avant/arrière, roues 10x3 pouces avec chambres à air, suspensions avant et arrière réglables, NFC pour le verrouillage, écran LCD, appli connectée, éclairage LED, clignotants, et étanchéité IPX5. Sur le papier, ça fait clairement trottinette haut de gamme pour usage régulier, voire intensif.
En pratique, ce que ça donne, c’est une trott qui n’est pas pensée pour être trimballée partout sous le bras. Les dimensions dépliées (en gros 123 x 65 x 127 cm) et les 35 kg, on les sent. Je l’ai montée une fois par un escalier de 2 étages : j’ai juré de ne plus recommencer. Par contre, une fois sur la route, cette masse donne une bonne stabilité, surtout à vitesse un peu plus élevée. On sent qu’elle est pensée pour rouler, pas pour être portée.
La marque met en avant la concurrence avec la Dualtron Victor, et franchement, ça se tient sur le principe : double moteur, grosse batterie, freins sérieux, confort correct. Là où la Teverun essaie de se démarquer, c’est avec quelques détails modernes : NFC, LEDs un peu partout, appli, contrôleurs à onde sinusoïdale, etc. Après, soyons clairs : ça reste un produit fabriqué en Chine comme beaucoup d’autres, avec une garantie classique de 2 ans, mais seulement 1 an sur la batterie, et pas mal de conditions à respecter pour que ça passe en SAV.
Donc si je résume cette présentation : c’est une trott pensée pour des adultes qui veulent remplacer (au moins en partie) la voiture ou le scooter sur les trajets du quotidien. Ce n’est pas la trott de location que tu plies en deux secondes pour monter dans le bus. C’est un engin qui prend sa place, qui demande un peu de sérieux côté entretien, mais qui derrière, offre de vraies performances et une autonomie qui tient la route si tu ne roules pas tout le temps à fond.
Points Forts
- Double moteur 1000 W très efficace, surtout en montée
- Grosse batterie 60V 27Ah avec autonomie réelle confortable (50-70 km en usage mixte)
- Freins hydrauliques et suspensions avant/arrière qui apportent sécurité et confort
Points Faibles
- Poids de 35 kg vraiment contraignant dès qu’il faut porter ou manœuvrer à la main
- Temps de charge long et garantie batterie d’un an avec conditions assez strictes
Conclusion
Note de la rédaction
Au final, la Teverun Blade Mini Ultra est une trottinette électrique qui joue clairement dans la cour des grandes. Puissance largement suffisante, très à l’aise en montée, freinage hydraulique rassurant, confort correct grâce aux suspensions et aux pneus 10x3, et une grosse batterie qui permet de faire de vrais trajets sans stresser. Ce n’est pas la plus jolie du marché, mais le look sportif avec finition imitation carbone et LEDs un peu partout fait son effet. On sent que ce n’est pas un gadget, mais un petit véhicule pensé pour rouler souvent et loin.
En face, il faut accepter plusieurs compromis : 35 kg à manipuler, un temps de charge assez long, une batterie à chouchouter (garantie d’un an avec conditions strictes), et un entretien qui ne sera pas nul (freins, pneus, etc.). Ce n’est pas non plus le meilleur choix si tu vis en appartement sans ascenseur ou si tu dois la porter régulièrement. Pour quelqu’un qui veut remplacer une partie de ses trajets voiture/scooter par une trott sérieuse, avec de la marge en autonomie et en puissance, c’est franchement pas mal. Pour un usage très léger ou occasionnel, il y a plus simple et moins cher.
En résumé : bonne machine pour utilisateur motivé, qui sait pourquoi il prend un gros modèle double moteur. Si tu te reconnais dans ce profil, tu en auras pour ton argent. Si tu voulais juste « une trott pour la ville », regarde plus bas en gamme et surtout plus léger.