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Casque obligatoire en trottinette : ce que la proposition de loi 1810 changerait pour les riders

Casque obligatoire en trottinette : ce que la proposition de loi 1810 changerait pour les riders

18 mai 2026 12 min de lecture
Casque obligatoire en trottinette électrique : ce que prévoit la loi actuelle, ce que changerait la proposition de loi 1810, l’impact sur l’assurance, les villes pionnières et les critères pour bien choisir son casque.
Casque obligatoire en trottinette : ce que la proposition de loi 1810 changerait pour les riders

Casque obligatoire en trottinette électrique : ce que prévoit la loi actuelle

Pour l’instant, la loi sur la trottinette électrique impose le casque uniquement aux mineurs hors agglomération. L’article R431-1-3 du Code de la route, créé par le décret n°2019-1082 du 23 octobre 2019 (JO du 25 octobre 2019), précise que les enfants de moins de 12 ans doivent porter un casque homologué, attaché, sous peine d’une amende de 135 €. Les adultes qui roulent en trottinette électrique en ville ne sont donc pas soumis à un casque obligatoire, même si la Sécurité routière rappelle, dans ses bilans annuels d’accidentalité, que le port du casque réduit d’environ 70 % le risque de traumatisme crânien chez les cyclistes et utilisateurs d’engins de déplacement personnels, un chiffre repris par l’ONISR dans ses rapports 2021-2022.

Cette zone grise alimente les débats sur la sécurité des usagers de la route et sur l’équilibre entre liberté individuelle et protection. Les associations de prévention routière résument souvent la situation par une formule simple : « la loi fixe un minimum, la prudence va au-delà », en invitant les adultes à adopter spontanément le casque trottinette, même en l’absence d’obligation générale.

Le Code de la route classe les trottinettes électriques dans la famille des engins de déplacement personnels motorisés, avec une vitesse maximale autorisée de 25 km/h. Les règles de circulation imposent l’usage des pistes cyclables quand elles existent, sinon la chaussée en agglomération, mais interdisent les trottoirs aux utilisateurs de trottinettes, sauf dérogation locale. Dans ce cadre, les équipements obligatoires portent surtout sur l’éclairage, le freinage, le dispositif sonore et les catadioptres, alors que le port du casque reste seulement recommandé pour les adultes.

Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), les blessures à la tête représentent toutefois une part importante des lésions graves chez les usagers de trottinettes impliqués dans un accident corporel. Le bilan 2022 de l’ONISR souligne par exemple que les atteintes crâniennes et faciales pèsent lourd dans la gravité des sinistres, ce qui renforce l’argument en faveur d’un casque systématique, même en milieu urbain et à vitesse modérée.

Sur le plan assurantiel, la responsabilité civile est indispensable pour tout utilisateur de trottinette électrique, qu’il roule en ville ou hors agglomération. Une assurance trottinette dédiée ou une garantie responsabilité incluse dans un contrat multirisque habitation peut couvrir les dommages causés aux autres usagers de la route. En revanche, sans casque trottinette adapté, la protection du rider lui-même reste très relative en cas de chute à vitesse élevée, et certaines compagnies signalent déjà dans leurs notices d’information que le non-respect des règles de sécurité peut être pris en compte dans l’évaluation des préjudices.

Les assureurs commencent d’ailleurs à intégrer le port du casque dans leurs grilles d’analyse du risque, surtout pour les trottinettes électriques utilisées au quotidien. Des rapports sectoriels publiés par France Assureurs (ex-Fédération française de l’assurance) évoquent une sinistralité en hausse pour les engins de déplacement personnels motorisés, ce qui incite certains contrats d’assurance trottinette à prévoir des exclusions ou des franchises majorées en cas d’accident grave sans casque, même si la loi ne l’impose pas encore partout. Pour un urbain pragmatique, ignorer ces signaux revient à jouer avec son portefeuille autant qu’avec sa sécurité.

Autre point souvent méconnu, les forces de l’ordre peuvent déjà sanctionner un comportement jugé dangereux, même sans texte spécifique sur le port du casque. Un usager de trottinette électrique qui roule sans équipements obligatoires, à une vitesse supérieure à la vitesse maximale autorisée ou en dehors des pistes cyclables peut recevoir une amende de 2e ou 4e classe selon l’infraction. La combinaison absence de casque, non-respect du Code de la route et circulation anarchique en ville pèse lourd dans l’appréciation de la faute, notamment si un accident corporel survient.

Pour les parents, la question de l’âge pour utiliser une trottinette électrique se pose très vite dès les premiers trajets scolaires. Un guide détaillé sur l’âge minimum pour rouler en trottinette électrique aide à aligner pratique familiale, sécurité routière et réglementation. Là encore, le casque obligatoire pour les mineurs hors agglomération devrait être considéré comme un minimum, pas comme un plafond, d’autant que les statistiques de la Sécurité routière montrent que les adolescents sont surreprésentés dans les accidents de trottinettes en milieu urbain.

Proposition de loi 1810 : vers un casque obligatoire partout pour les trottinettes électriques

La proposition de loi n°1810, enregistrée à l’Assemblée nationale en 2023 et consultable sur le site officiel Légifrance, veut rendre le casque obligatoire pour tous les utilisateurs de trottinettes électriques, en ville comme hors agglomération. Le texte prévoit une contravention de 4e classe, soit 135 euros d’amende, pour tout usager de trottinette électrique contrôlé sans casque sur la voie publique. Pour les quelque trois millions de trottinettes en circulation estimées par la Fédération des professionnels de la micro-mobilité dans ses bilans 2022-2023, le changement serait massif et immédiat dans les grandes métropoles.

Concrètement, le port du casque deviendrait une obligation générale pour tous les usagers de la route circulant en trottinette, au même titre que les cyclomotoristes. Le port d’un casque de protection serait exigé sur les pistes cyclables, sur la route en agglomération et sur les voies vertes, sans distinction entre modèles électriques ou non. Les utilisateurs de trottinettes qui alternent entre ville dense, zones périurbaines et trajets loisirs devraient intégrer ce réflexe comme un élément de base de leurs équipements de sécurité, au même niveau que l’éclairage ou le gilet réfléchissant nocturne.

Le texte ne se contente pas de rappeler la sécurité routière, il redéfinit aussi les responsabilités. En cas d’accident, un utilisateur de trottinette électrique sans casque pourrait voir sa responsabilité civile engagée plus lourdement, avec un impact direct sur l’indemnisation de ses propres blessures. Les assureurs auraient alors beau jeu de limiter les remboursements, en particulier pour les traumatismes crâniens survenus sans protection, en s’appuyant sur le non-respect d’une obligation légale clairement inscrite dans la loi.

Pour les riders urbains, la question n’est pas seulement juridique, elle est aussi pratique. Porter un casque trottinette tous les jours implique de choisir un modèle adapté à la vitesse maximale réelle de son engin de déplacement, souvent supérieure à la vitesse maximale autorisée après débridage illégal. Un casque pour vélo classique, conforme à la norme EN 1078, offre une protection correcte pour des vitesses modérées, mais reste pensé pour des chocs à des vitesses plus faibles que celles atteintes par certaines trottinettes électriques puissantes, qui peuvent dépasser 40 km/h en usage détourné.

Les experts de la sécurité recommandent de plus en plus les casques certifiés NTA 8776, conçus pour les speed pedelecs et les engins de déplacement rapides. Ces casques électriques, plus couvrants, protègent mieux la nuque et les tempes, ce qui améliore la protection en cas de chute frontale ou latérale. Pour un utilisateur quotidien de trottinette électrique en ville, ce type d’équipement fait la différence entre une simple frayeur et un traumatisme sérieux, comme le montrent plusieurs études européennes sur les accidents impliquant des vélos à assistance rapide.

Le marché du casque pour trottinettes électriques devrait logiquement exploser si la loi 1810 est adoptée, avec un risque de voir apparaître des casques non conformes ou sous-dimensionnés. Les utilisateurs de trottinettes devront alors vérifier la présence des bonnes normes, la qualité des matériaux et la compatibilité avec leurs autres équipements de sécurité. Dans ce contexte, la question n’est plus de savoir si le casque obligatoire trottinette est une contrainte, mais comment l’intégrer intelligemment dans son quotidien de rider, en choisissant un modèle adapté à son profil de trajet, à son budget et à son niveau de prise de risque.

Villes pionnières, choix du casque et impact pour les riders du quotidien

Nice, Vence ou Bourg-lès-Valence imposent déjà le casque obligatoire pour toutes les trottinettes électriques par arrêté municipal. Dans ces villes, les contrôles ciblent surtout les zones de forte circulation, les pistes cyclables très fréquentées et les abords des gares, où les usagers de la route se croisent à haute densité. Les premiers retours des services municipaux et des polices locales montrent une acceptation progressive, surtout après quelques amendes bien visibles et une communication appuyée sur la sécurité, avec affichage sur les panneaux lumineux et campagnes sur les réseaux sociaux.

Pour un actif qui roule en trottinette électrique à Lyon, Paris ou Bordeaux, ces retours d’expérience donnent un avant-goût de ce que pourrait devenir la norme nationale. Les utilisateurs de trottinettes qui ont intégré le port du casque dans leur routine parlent d’une contrainte au départ, vite compensée par un sentiment de protection accrue dans la circulation. Les associations de riders urbains, souvent critiques sur les restrictions de vitesse ou les interdictions de circulation, se montrent plus nuancées sur le casque obligatoire quand les chiffres d’accidents sont posés sur la table et que les données de la Sécurité routière mettent en évidence la vulnérabilité des usagers de micro-mobilité.

Les débats se concentrent désormais sur le type de casque et sur la proportionnalité des règles. Un casque électrique de type NTA 8776 est plus lourd, plus chaud, mais il encaisse mieux les chocs à vitesse élevée que les casques classiques pour vélo. Pour un trajet domicile-travail de 10 km sur des pistes cyclables encombrées, ce surcroît de protection pèse lourd dans la balance, surtout quand on sait que la Sécurité routière attribue une part importante des blessures graves aux chocs à la tête. À l’inverse, pour de courts trajets à faible allure, certains usagers privilégient encore des modèles plus légers, quitte à accepter un niveau de protection moindre.

Les associations d’usagers rappellent toutefois que le casque ne doit pas servir d’alibi pour négliger l’aménagement des infrastructures. À Lyon par exemple, les défis de la trottinette électrique tiennent autant au partage de la route qu’au port du casque, comme le montre l’analyse détaillée des défis de la trottinette électrique à Lyon. Un casque obligatoire sans pistes cyclables continues ni règles claires pour les voitures et les bus ne résout pas tout, il déplace seulement le problème, en laissant les conflits d’usage se multiplier aux carrefours et sur les axes structurants.

Pour choisir un casque trottinette adapté, les riders urbains doivent regarder au-delà du marketing et des avis en ligne peu détaillés. La norme (EN 1078 pour les casques vélo, NTA 8776 pour les casques haute vitesse), la couverture de la nuque, la compatibilité avec les éclairages additionnels et la ventilation comptent plus que la simple esthétique, surtout pour un usage intensif sur la route. Un bon casque électrique doit aussi s’intégrer avec les autres équipements de sécurité, comme les gants, le gilet réfléchissant nocturne ou les poignées offrant un meilleur contrôle du guidon, sujet détaillé dans ce guide sur le choix des poignées de trottinette pour plus de confort et de contrôle.

Reste enfin la question de l’assurance et de la responsabilité civile en cas de non-respect de la future loi sur le casque obligatoire trottinette. Un sinistre grave sans port de casque, avec dépassement de la vitesse maximale autorisée et non-respect des règles de circulation, pourrait entraîner une réduction d’indemnisation par l’assurance trottinette ou l’assurance responsabilité. Pour un rider qui utilise sa trottinette électrique comme outil de travail quotidien, la vraie sanction ne sera pas seulement l’amende, mais la facture globale après accident, entre pertes de revenus, frais médicaux et éventuels recours des victimes.

FAQ rapide sur le casque en trottinette électrique

Le casque est-il déjà obligatoire partout ?
Non. À ce jour, il est imposé aux moins de 12 ans hors agglomération et dans certaines communes qui ont pris un arrêté municipal. La proposition de loi 1810 vise à généraliser cette obligation à tous les usagers.

Quel type de casque choisir pour une trottinette électrique ?
Pour des trajets urbains à vitesse modérée, un casque conforme à la norme EN 1078 peut suffire. Pour des engins rapides ou des trajets longs, un casque certifié NTA 8776, plus protecteur, est recommandé.

Combien coûte un bon casque pour trottinette ?
Les modèles EN 1078 de qualité correcte se situent généralement entre 40 et 80 €. Les casques NTA 8776, plus techniques, se trouvent plutôt entre 90 et 200 €, selon la marque, le niveau de finition et les options (visière, éclairage intégré, système MIPS, etc.).

Checklist pratique pour bien acheter son casque trottinette

Avant de valider votre achat, vérifiez systématiquement :

  • La présence d’un marquage de norme clair : EN 1078 ou NTA 8776 selon votre usage.
  • La couverture de la tête : nuque bien protégée, tempes dégagées mais enveloppées.
  • Le système de réglage : molette précise, sangles faciles à ajuster, boucle solide.
  • La ventilation : nombre d’aérations suffisant pour un usage quotidien en ville.
  • La compatibilité avec vos accessoires : éclairage arrière, capuche, gants, gilet réfléchissant.
  • Le poids : idéalement entre 250 et 450 g pour limiter la fatigue sur les longs trajets.
  • Le rapport qualité/prix : privilégier un casque bien noté sur la sécurité plutôt qu’un simple modèle design.