Résumé
Note de la rédaction
Rapport qualité-prix : intéressant si tu cherches du costaud pour tous les jours
Grosse bête bien finie, mais pas vraiment discrète
Autonomie correcte mais chiffres optimistes, et batterie non amovible
Confort correct sur bon bitume, assez sec dès que ça se dégrade
Puissance, côtes et freinage : ça tient bien la route
Ce que propose vraiment la 5TH WHEEL ES15 sur le papier
Points Forts
- Construction robuste avec grosse capacité de charge (jusqu’à 150 kg)
- Moteur puissant qui gère bien les côtes et maintient les 25 km/h sur le plat
- Équipement complet : gros pneus 11 pouces, triple freinage, éclairage + clignotants
Points Faibles
- Poids élevé, peu pratique à porter régulièrement
- Pas de suspension arrière et batterie non amovible, ce qui limite un peu le confort et la praticité
Caractéristiques
Voir la fiche produit complète →| Marque | 5TH WHEEL |
Une trottinette qui joue dans la cour des grandes
J’ai utilisé la 5TH WHEEL ES15 pendant une bonne quinzaine de jours pour aller bosser, faire quelques courses et des petits trajets en ville/péri-urbain. En gros, j’ai remplacé la voiture et le vélo par cette trottinette sur tous les trajets entre 3 et 10 km. Je précise : je ne suis pas un fan de trotts, j’en avais juste testé quelques modèles de location type Lime/Dott et une Xiaomi M365 d’un pote. Donc je compare surtout à ça et à un VAE que j’utilise habituellement.
Le premier truc qui m’a marqué, c’est le gabarit. On n’est clairement pas sur une petite trottinette de ville fine et légère. Le carton est énorme, la trottinette pèse bien son poids (on est autour des 27–30 kg). Ça donne confiance sur la solidité, mais faut être honnête : si tu dois la monter tous les jours au 4e sans ascenseur, tu vas vite la détester. Par contre pour la mettre dans un coffre de voiture ou dans un couloir, ça passe.
Au niveau conduite, j’ai été plutôt surpris dans le bon sens. Ça pousse bien, ça grimpe les côtes sans s’écrouler, et la plateforme est large, donc tu n’es pas coincé comme sur les petits modèles. Par contre, l’absence de suspension arrière se sent vraiment sur les routes abîmées : dès que le bitume est moche, ça vibre dans tous les sens. Sur du bon enrobé, rien à dire, c’est confortable. Dès que tu sors un peu des beaux axes, tu te rappelles que ça reste une trottinette, pas un VTT.
Globalement, après ces deux semaines, mon ressenti c’est que la ES15 vise clairement ceux qui veulent un vrai moyen de transport au quotidien, pas juste un jouet. Elle fait le job pour les trajets domicile-travail, elle encaisse bien le poids et les montées, mais elle a quelques compromis : poids élevé, pas de batterie amovible, confort moyen à l’arrière. C’est loin d’être parfait, mais pour un usage (péri)urbain, c’est franchement pas mal si tu acceptes ces contraintes.
Rapport qualité-prix : intéressant si tu cherches du costaud pour tous les jours
Pour parler rapport qualité-prix, il faut regarder ce que propose la ES15 par rapport aux trottinettes plus connues type Xiaomi, Ninebot, etc. On est sur un modèle plus lourd, plus costaud, avec une meilleure capacité de charge (jusqu’à 150 kg), des pneus de 11 pouces tubeless, une vraie suspension avant hydraulique, un triple freinage, et une autonomie théorique assez élevée. En face, beaucoup de modèles grand public autour du même prix sont plus légers, mais avec des pneus plus petits, moins de confort, et souvent un freinage moins sérieux.
Concrètement, si tu cherches une trottinette pour faire 2 km de temps en temps en ville, elle est clairement surdimensionnée. Tu vas payer pour de la puissance, de l’autonomie et de la robustesse dont tu n’as pas besoin, et tu vas surtout te trimballer un engin lourd pour rien. Par contre, si tu veux remplacer une partie de tes trajets voiture ou transports en commun, avec des parcours de 5–15 km, là ça commence à devenir intéressant. La sensation de solidité, la capacité à encaisser les montées et le poids, et l’équipement complet (éclairage, clignos, freinage) justifient mieux le tarif.
Il y a quand même quelques points qui font un peu baisser la note pour moi : poids élevé (ce n’est pas une trottinette que tu portes facilement), pas de suspension arrière (dommage vu le reste de la fiche technique), batterie non amovible, et quelques retours de casse légère à la livraison (garde-boue). Rien de rédhibitoire, mais ça compte. À côté de ça, tu as une garantie d’un an sur la trottinette et 180 jours sur les pièces maîtresses, ce qui est correct sans être dingue.
Si je dois résumer le rapport qualité-prix : pour quelqu’un qui veut une trottinette sérieuse, solide, pour un usage quotidien (péri)urbain, c’est un bon choix. Pour quelqu’un qui veut juste un truc léger, facile à porter et à ranger, il y a mieux adapté et souvent moins cher. Elle fait le job, voire un peu plus, mais il faut bien être conscient des compromis avant d’acheter.
Grosse bête bien finie, mais pas vraiment discrète
Visuellement, la ES15 fait tout de suite « grosse trottinette sérieuse ». Le look est assez sobre, tout en noir mat, avec quelques touches discrètes. Perso, j’aime bien : ça ne fait pas jouet, ça ne brille pas de partout, et ça ne crie pas « vole-moi » comme certains modèles avec des LEDs dans tous les sens. Le guidon est large, les poignées sont correctes, et l’écran central est bien intégré. On est plus proche d’un engin de déplacement sérieux que d’un gadget.
Le plateau est vraiment large (annoncé 184 mm), et ça se sent tout de suite. Tu peux mettre tes deux pieds l’un derrière l’autre ou presque côte à côte sans être serré. Pour les grands gabarits ou ceux qui roulent avec de grosses chaussures, c’est un vrai plus. Sur les trotts type Xiaomi d’entrée de gamme, je me sentais un peu à l’étroit, là non. Par contre, l’absence de garde-boue arrière super enveloppant fait que sur route mouillée, tu peux quand même te prendre quelques remontées d’eau, même si ce n’est pas catastrophique.
Le système de pliage en 3 étapes avec double sécurité est bien pensé, mais il faut prendre le coup. Tu déverrouilles, tu plies, et la colonne vient se fixer à l’arrière. Une fois pliée, la trottinette reste longue, mais elle est plus facile à mettre dans un coffre. Par contre, comme elle est lourde, tu ne vas pas la porter longtemps à la main. C’est plutôt pliage pour transport ponctuel (voiture, train) que pour la trimballer partout dans le métro sur plusieurs correspondances.
Petit point à noter : certains ont reçu le garde-boue arrière cassé dans le carton, donc soit le contrôle qualité, soit le conditionnement n’est pas parfait. Dans mon cas, rien de cassé, mais on voit que le carton a pris quelques chocs. La structure générale respire quand même la solidité, les soudures ne font pas cheap, les câbles sont assez bien rangés. Ce n’est pas une œuvre d’art, mais comme engin utilitaire, ça tient la route.
Autonomie correcte mais chiffres optimistes, et batterie non amovible
La marque annonce jusqu’à 65 km d’autonomie, mais comme toujours, c’est en conditions idéales : mode éco, 15 km/h, conducteur léger, pas trop de côtes, température correcte, etc. Dans mon usage réel, avec un poids autour de 85 kg, des trajets mixtes (plat + quelques montées) et la plupart du temps en mode S à 25 km/h, j’étais plutôt entre 30 et 40 km avant de voir la batterie bien descendre et de commencer à me dire qu’il fallait penser à recharger. Si tu mélanges un peu les modes et que tu ne roules pas tout le temps à fond, tu peux sûrement gratter un peu plus, mais il ne faut pas rêver aux 65 km à pleine vitesse.
La recharge complète prend environ 5 heures avec le chargeur fourni. Avantage : pas de gros bloc d’alimentation encombrant, juste un cordon secteur. Inconvénient : la batterie n’est pas amovible. Elle est planquée dans le châssis, accessible uniquement en dévissant une trappe dessous. Concrètement, ça veut dire que tu dois amener la trottinette là où se trouve la prise, pas juste prendre la batterie avec toi. Pour ceux qui vivent en appart sans ascenseur ni prise au rez-de-chaussée, ça peut être un vrai point chiant.
Sur la gestion de la batterie, l’affichage du niveau est correct mais pas hyper précis. Tu as les barres classiques sur l’écran, et des infos un peu plus détaillées dans l’appli. En fin de batterie, la trottinette commence à perdre un peu de pêche, surtout en côte, ce qui est normal. Je n’ai pas eu de coupure brutale, mais j’évite toujours de descendre trop bas pour ne pas flinguer la durée de vie de la batterie sur le long terme.
Globalement, pour un usage quotidien de 10 à 20 km par jour, tu peux t’en sortir avec une charge tous les 2–3 jours si tu ne roules pas tout le temps à fond. Si tu comptes faire des grosses balades de 30–40 km d’un coup, prévois de partir avec la batterie bien pleine, surtout s’il y a du dénivelé. Ce n’est pas la trottinette la plus endurante du marché, mais pour le prix et le gabarit, l’autonomie est dans la moyenne haute. Le gros bémol pour moi, c’est vraiment la batterie non amovible qui complique un peu la vie selon ta situation de logement.
Confort correct sur bon bitume, assez sec dès que ça se dégrade
Niveau confort, la ES15 est un peu en deux parties. Sur une route bien lisse, franchement, ça se passe très bien. Les pneus tubeless de 11 pouces font le taf, la suspension avant hydraulique absorbe les petites irrégularités, et le plateau large permet de bien se placer. Sur mes trajets domicile-boulot, avec des portions de piste cyclable récente, je pouvais rouler à 25 km/h sans me sentir secoué, et sans fatigue particulière après 20–30 minutes.
Par contre, dès que le revêtement se dégrade (enrobé abîmé, gravillons, petits trous, raccords de bitume mal faits), tu sens tout de suite que l’arrière n’est pas suspendu. Le plateau se transforme un peu en plaque vibrante, surtout si tu roules vite. Ce n’est pas dangereux, mais ce n’est pas super agréable sur la durée. Pour un usage quotidien en ville avec du bitume moyen, ça reste acceptable, mais si tu comptes faire beaucoup de chemins ou de routes vraiment pourries, ce n’est pas la trottinette idéale.
La position de conduite est bonne : le guidon est à une hauteur correcte pour un adulte moyen, et la largeur du guidon donne une bonne stabilité. Je n’ai pas eu mal au dos ni aux poignets, même après des trajets de 8–10 km. Les poignées sont basiques mais ne m’ont pas gêné. Ce n’est pas du confort haut de gamme, mais pour ce type de produit, ça fait le job. Le fait de pouvoir bien bouger les pieds sur le plateau aide beaucoup à trouver une position qui convient.
Un autre point confort, c’est le bruit et les vibrations globales. Le moteur n’est pas particulièrement bruyant, on entend un léger sifflement mais rien de dramatique. Les vibrations viennent surtout du terrain et de l’arrière non suspendu. En résumé : si tu roules principalement sur des routes correctes ou des pistes cyclables récentes, le confort est franchement pas mal. Si ton quotidien, c’est pavés, trous et chemins, tu vas vite sentir les limites. C’est un bon compromis pour de l’urbain/péri-urbain, mais pas une machine tout-terrain.
Puissance, côtes et freinage : ça tient bien la route
Sur la partie performance pure, la ES15 m’a plutôt surpris. Le moteur a du couple et ça se sent dès les premiers mètres. Il y a la petite sécurité classique : tu dois pousser légèrement avec le pied pour atteindre 3–4 km/h, puis tu appuies sur l’accélérateur. En mode S (25 km/h), l’accélération est franche mais pas violente. Tu arrives assez vite à la vitesse max et la trottinette la tient sans souci sur terrain plat. On sent que le moteur n’est pas à l’agonie à 25 km/h, il lui reste de la marge pour les petites montées.
Là où j’étais un peu sceptique, c’est sur les côtes. Ils annoncent des pentes jusqu’à 30 %. Alors, soyons clairs : 30 %, c’est énorme, et tu ne croises pas ça tous les jours. Mais sur des côtes bien raides de mon coin (genre 10–15 %, avec un peu de longueur), la trottinette ne s’est pas écroulée. Elle ralentit, logique, mais tu montes sans devoir mettre pied à terre. On sent parfois une sorte de petit « boost » après quelques secondes dans la côte, comme si le moteur passait sur un autre régime. Pour un gabarit autour de 85 kg, c’est franchement correct.
Côté freinage, le combo tambours avant/arrière + EABS est rassurant. Le levier de frein a une bonne course, tu peux freiner progressivement ou plus fort si besoin. Sur sol sec, même en descente, je n’ai pas eu de frayeur. La trottinette reste stable, ça ne bloque pas brutalement. Tu peux régler l’intensité du freinage électrique dans l’appli, ce qui est pratique pour adapter à ta façon de rouler. Perso, j’ai mis un réglage moyen, suffisant pour récupérer un peu d’énergie sans rendre la roue arrière trop « collante ».
En ville, la gestion des modes est utile : en mode éco, tu es tranquille pour les zones très fréquentées ou les trottoirs partagés. En mode D, tu as un bon compromis pour rouler sans trop consommer. Et en mode S, tu profites de la puissance du moteur. Pour résumer, niveau performance, ça pousse bien, ça freine bien, et ça tient la vitesse annoncée dans des conditions réalistes. Ce n’est pas une fusée, mais pour un engin limité à 25 km/h, c’est largement suffisant pour suivre le trafic des pistes cyclables et des voies vertes.
Ce que propose vraiment la 5TH WHEEL ES15 sur le papier
Sur le papier, la 5TH WHEEL ES15 est vendue comme une trottinette adulte assez sérieuse : 65 km d’autonomie maximale, vitesse bridée à 25 km/h (classique pour rester dans la légalité), pneus tubeless 11 pouces, suspension avant hydraulique, triple freinage (tambour avant/arrière + EABS) et charge max 150 kg. Elle est aussi donnée pour encaisser des pentes jusqu’à 30 % dans les conditions idéales. Sur le site, tout est tourné comme si tu pouvais en faire ton véhicule principal pour les trajets de tous les jours.
En pratique, tu as 4 modes principaux : piéton (juste pour t’aider à la pousser), éco (limité à 15 km/h), D (20 km/h) et S (25 km/h). Tout ça se règle soit via le bouton sur le guidon, soit via l’appli. L’écran de 2,6 pouces affiche la vitesse, le mode, la batterie, les phares, etc. Ça reste lisible même en plein jour, je n’ai pas eu de souci particulier à ce niveau-là. L’appli te permet aussi de régler le freinage électrique, le régulateur de vitesse et le verrouillage électronique.
Côté sécurité, on est bien équipé : feu avant puissant, feu arrière avec fonction stop, clignotants gauche/droite + warning, et une sonnette mécanique. Franchement, sur ce point, c’est complet, tu es visible et tu peux signaler tes changements de direction correctement, ce qui est loin d’être le cas sur plein de trottinettes basiques. Niveau freinage, tambours avant/arrière + EABS, ça donne un freinage assez progressif mais efficace, même en descente.
Pour la partie autonomie, les 65 km annoncés, c’est en mode éco à 15 km/h, avec un gabarit léger et des conditions parfaites. Dans mon cas (poids autour de 85 kg, trajets avec un peu de dénivelé, mode S la plupart du temps), je suis plutôt autour de 30–40 km avant de commencer à stresser sur le niveau de batterie. Ça reste correct, mais il ne faut pas rêver, tu ne feras pas 65 km à fond. Globalement, la fiche technique est honnête, mais comme d’hab, les chiffres sont optimistes. Rien de choquant, mais il faut avoir ça en tête.
Points Forts
- Construction robuste avec grosse capacité de charge (jusqu’à 150 kg)
- Moteur puissant qui gère bien les côtes et maintient les 25 km/h sur le plat
- Équipement complet : gros pneus 11 pouces, triple freinage, éclairage + clignotants
Points Faibles
- Poids élevé, peu pratique à porter régulièrement
- Pas de suspension arrière et batterie non amovible, ce qui limite un peu le confort et la praticité
Conclusion
Note de la rédaction
Au final, la 5TH WHEEL ES15, c’est une trottinette clairement pensée comme un vrai moyen de transport, pas comme un gadget. Elle est lourde, costaud, bien équipée en éclairage et en freinage, avec un moteur qui tient la route en montée et une autonomie correcte si tu ne t’attends pas aux 65 km annoncés en conditions réelles. La plateforme large, les pneus 11 pouces et la suspension avant rendent les trajets agréables sur bon bitume, et la capacité à supporter jusqu’à 150 kg la rend adaptée aux grands gabarits ou à ceux qui roulent avec un sac bien rempli.
Par contre, ce n’est pas la trottinette idéale pour tout le monde. Si tu dois la porter souvent (escaliers, métro, appartement sans ascenseur), son poids va vite te fatiguer. L’absence de suspension arrière se fait sentir dès que la route est un peu dégradée, et la batterie non amovible complique la recharge pour certains profils. Donc pour qui c’est fait ? Pour quelqu’un qui veut un engin solide pour des trajets quotidiens de 5 à 20 km, surtout en urbain/péri-urbain, avec un peu de dénivelé et qui a un endroit pratique pour la stocker et la charger. Qui devrait passer son chemin ? Ceux qui cherchent une trottinette légère, ultra compacte, facile à porter partout, ou ceux qui roulent principalement sur des routes vraiment pourries.